Le 30 novembre dernier, Mounia Meslem, Ministre de la solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme en Algérie, invitée sur le plateau télévisé de la chaîne privée El Bilad, a développé son idée sur le comment renflouer les caisses de l’État.

L'Algérie, à l'image de beaucoup d'autres pays, subit la crise économique. Les comptes publics sont au plus mal.

Donc pour permettre peut-être au pays de se remonter économiquement, cette ministre,  en poste depuis 2013, a ainsi répondu à la journaliste qui l'interrogeait sur une réduction des salaires des responsables politiques : "J’ai dit que s’il fallait que l’on donne tout notre salaire mensuel, et j’ai parlé spécialement des femmes cadres de l’État qui sont mariées, ce serait avec plaisir. Il est clair que ce n’est pas ce salaire qui nous fait vivre. Il y a nos maris qui s’occupent de nous."

Alors que de nombreuses femmes dans le monde luttent pour une égalité salariale, cette femme suggère carrément aux femmes d'abandonner leur salaire, mais pas que, l'abandon tout court du droit de la femme à travailler.

Inutile de dire que son intervention n'a pas tardé à déclencher des réactions en masse sur les réseaux sociaux, pour la raison supplémentaire que de tels propos aient été prononcés par une femme. Une femme, de surcroît, qui est "Ministre de la solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme." Le terme "condition de la femme" a vraiment ici toute son importance.

Les associations diverses de défense des droits des femmes ont vivement critiqué de telles déclarations en les estimant désuètes, réduisant ainsi la condition féminine à l'époque du 12è s et ont appelé les femmes à ne pas se résigner.

Pour conclure, si cette femme veut appliquer ce genre d'idée arriérée à elle-même, cela l'a concerne. Libre à chacune, si toutefois cette femme possède la même notion de liberté que ses autres congénères, de faire ce qu'elle souhaite. Or, proposer cette vision complètement révolue en impliquant les autres femmes est tout simplement à la limite de l'indécence. Ce n'est vraiment pas de cette manière que la condition de la femme risque d'évoluer. Ce n'est pas non plus de cette façon que nous, les femmes, souhaitons être représentées. Et que cette ministre quitte alors son poste pour laisser la place à une autre femme qui, elle, saura mieux défendre la cause féminine.

Enfin, « l’union fait la force », dit-on, mais pas avec ce genre de femmes. Déjà, des hommes à des postes de haute responsabilité ne sont pas forcément pour l’avancement de nos droits, alors si une femme s’y met aussi, nous ne sommes pas prêtes de voir nos droits de sitôt progresser. Merci, pour nous, Madame la Ministre !