Allemagne_projet de loi contre les mères infidèles_wp

En Allemagne, le conseil des ministres vient d'adopter un projet de loi visant les femmes ayant eu un enfant issu d'une relation extra-conjugale. Elles seront dans l'obligation de divulguer l'identité du père biologique afin qu'il dédommage l'homme élevant cet enfant.

Devant néanmoins encore passer par le Parlement pour qu'il soit définitivement entériné, ce projet de loi a séduit nombreux membres du gouvernement. Or, il a aussi suscité, et cela à juste titre, l'indignation dans le pays comme à l'étranger.

Si ce texte est voté, la femme qui aura eu un enfant d'une relation adultère sera contrainte de donner le nom du géniteur afin que celui-ci verse une pension au "faux-père" ayant en charge l'éducation de cet enfant sur une durée de 2 années.

Le ministre de la Justice, Heiko Mass, qui défend cet article 1607 a expliqué "vouloir garantir davantage de droits et de moyens de recours légaux aux conjoints trompés." Si l'absence de lien entre l'enfant et le supposé père est prouvé, ce dernier pourra se tourner vers le tribunal qui obligera ainsi la mère à révéler le ou les noms de ses amants "pendant la période de conception". Le texte admet une exception tout en précisant que si la mère a "des raisons très sérieuses de ne pas identifier le père biologique, elle devra argumenter cette impossibilité auprès du juge." Si celle-ci refuse sans motif jugé valable, elle pourra se voir sanctionnée de payer une amende ou alors contrainte de dédommager le "faux-père", ces sanctions potentielles seront laissées à l'appréciation du juge.

Seule réserve émise de la part du ministre de la famille, Manuela Schwesig, est sur le fait que si cet enfant vient au monde suite à un rapport sexuel en état d'ébriété, cette délation sera compliquée à établir. Et cet exemple n'est pas le seul à poser problème dans ce texte rempli d'imprécisions sur "les raisons très sérieuses" de ne pouvoir identifier le géniteur.

Mais au-delà des multiples ambiguïtés de ce projet de loi, c'est une atteinte ostensible des droits des femmes et des enfants mise en avant par des politiques et juristes. Sans prendre en compte un abus qui pourrait en découler en cas de divorce difficile permettant ainsi de ne garantir que les droits du père et non ceux de la mère.

En outre, si ce projet de loi touchant au droit parental et au statut de la mère voit le jour, ce serait dévastateur pour les droits des femmes en Allemagne. Sachant en plus qu'aucun chiffre concret n'a établi le nombre d'enfants illégitimes existant dans le pays, entre 1 à 10 % selon les diverses études sur ce domaine. Avec une fourchette si large, il apparaît qu'un tel projet de loi est totalement aberrant.

Or, l'adultère commis par les hommes ? Les hommes qui abandonnent femme et enfants en laissant ainsi la mère se débrouiller seule avec ses enfants ? Les hommes qui ne versent pas leur pension alimentaire pour x ou y raisons ? Les hommes qui n'assument pas leur responsabilité de père ? Quelle intention de projet de loi existe-t-il pour venir en aide à ces milliers de femmes qui se trouvent dans ces situations et qui n'ont toujours pas la loi de leur côté ?

Affaire à suivre...