Australie_la folie passagère_wps

La "panique défense gay" est un système de défense souvent utilisé contre des accusations d'agression ou d'assassinat. La défense, représentant l'accusé, fait appel à cet argument afin de plaider la folie passagère en justifiant ainsi l'état de violence de son client par une affection psychiatrique prétendue, appelée "panique homosexuelle" et concernant les cas où la victime est un transsexuel ou intersexuée (individu qui naît avec une ambiguïté sexuelle visible, dont les organes génitaux sont difficiles ou impossibles à définir comme mâles ou femelles ; organes sexuels souvent atrophiés), ce moyen de défense similaire est nommé la "trans panique"

Dans le système de "la panique défense gay", la défense prétend que l'accusé a fait l'objet d'avances amoureuses ou sexuelles homosexuelles. Ces avances offensives et effrayantes lui ont alors déclenché un état psychotique qui s'est de suite caractérisé par une violence inhabituelle.

En 2014, la Californie est devenue le premier, le seul d'ailleurs, État américain à interdire officiellement les deux systèmes de défense ; la "panique défense gay" et la "trans panique" Suite à quoi, l'American Bar Association a suggéré que d'autres États suivent cet exemple.

En Australie, ce moyen de défense est connu sous l'appellation de la "défense d'avance homosexuelle stratégie", "Homosexual Advance Defence"

Cet argument connu également comme "la défense de provocation" a été aboli en Tasmanie, en Australie Occidentale ainsi que dans l’État de Victoria. Tandis que la Nouvelle Galles du Sud, le Territoire de la capitale australienne (ACT, Australian Capital Territory) et le Territoire du Nord ont exclu les avances homosexuelles non-violentes.

Depuis janvier 2016, le Queensland et l'Australie du Sud sont les deux seules juridictions qui n'ont pas abrogé la "panique défense gay"

Et c'est ce refus qui fait actuellement débat en Australie, car il est une triste conséquence des crimes non punis à leur juste mesure.

En 2008, dans le Queensland, un individu qui avait tué un homme s'est défendu avec cet argument et a pu échapper à une lourde condamnation.

En 2010, en Australie du Sud, deux hommes après avoir battu un homme à mort n'ont eu qu'une condamnation pour "homicide involontaire" à quelques années grâce à ce système de défense, qui leur a ainsi permis de parvenir à une réduction de peine, alors que la victime n'était même pas gay ! L'un des deux est sorti d'ailleurs il y a peu de temps.

Et au mois d'avril dernier, dans le même État, un condamné a obtenu la révision de son jugement grâce à ce moyen de défense.

Or, c'est le meurtre de 2010 par ces deux hommes et leur condamnation qui s'en est suivie qui a éveillé la conscience d'un homme.

Celui du prêtre, le père Paul Kelly, dont ce crime s'est déroulé dans la cour de son église. Qualifiant la recevabilité de cet argument comme "avilissant, insultant et dangereux", il a décidé de lancé une pétition sur la plate-forme mondiale pour le changement, Change.org, dans l'espoir d'une mobilisation en masse de la population afin bousculer les mentalités. Objectif réussi !

Sa pétition a non seulement eu des signatures en grand nombre, mais son entreprise a de surcroît reçu le soutien d'un humoriste très populaire qui a ainsi amené plus de partisans à sa cause. Avec ses 245 000 signataires, sa pétition est à ce jour l'une de trois meilleures sur le marché dans le pays, pays qui n'autorise toujours évidemment pas le mariage gay.

Et cette mobilisation a suscité d'autres initiatives, notamment l'une des plus importantes, celle de l'avocate générale du Queensland qui a déposé récemment une requête visant à interdire cette ligne de défense avant la fin de l'année.