Expo choc_plage-Copacabana-Brésil

La célèbre plage de Copacabana a changé d'aspect récemment pour la bonne cause.

Une ONG brésilienne a ainsi décidé de transformer l'une des plus célèbres plages de Rio de Janeiro en une exposition géante pour dénoncer la "culture du viol" dans son pays, suite au viol collectif d'une adolescente.

Le 21 mai dernier, Mina, une adolescente de 16 ans, avait été droguée, frappée et violée par 33 hommes dans une favela à l'ouest de Rio. Les violeurs avaient publié des vidéos montrant l'horreur de la scène, dont l'un d'entre eux avait été jusqu'au point de filmer ses parties intimes ensanglantées. Et ces images partagées avaient même reçu les félicitations dans les commentaires de certains internautes qui estimaient que cette jeune fille "l'avait bien cherché", "bien mérité"

Malgré les avis de recherche de la police, la plupart de ces violeurs courent toujours dans la nature.

Et bien que cette affaire sans nom et sa médiatisation aient provoqué une colère massive au Brésil comme sur le plan international, d'autres internautes insistaient sur l'attitude de soi-disant "fille facile" de cette jeune fille, de ses tenues et autres arguments aussi navrants afin de justifier l'acte odieux dont elle avait été victime.

Des propos malsains qui n'ont qu'affirmé ce que malheureusement diverses associations de défense des droits des femmes avaient déjà dénoncé, cette "culture du viol" coutumière prenant de plus en plus de terrain. 

Puisqu'il y a deux ans de cela, un sondage effrayant révélait que 65,1 % de la population approuvaient les agressions sexuelles des femmes en tenue trop légère.

L'ONG Rio de Paz a donc décidé d'agir à sa manière afin d'interpeller l'opinion publique et les autorités en organisant ainsi sur la plage de Copacabana une immense expo choc.

RIO DE JANEIRO, BRAZIL - JUNE 06 : Photographs by Marcio Freitas of models portraying women who are abused are displayed on Copacabana beach with 420 pairs of underwear at a demonstration against violence against females of june 6, 2016 in Rio de Janeiro, Brazil. The demonstration was put on by the NGO Rio de Paz who said the 420 pairs of underwear represent the number of women raped in Brazil every 72 hours. The protest follows the gang rape of a 16-year-old girl in late May in Rio de Janeiro. The Rio 2016 Olympic Games begin August 5. (Photo by Mario Tama/Getty Images)

Des centaines de petites culottes rouges et blanches tachées de faux sang jonchaient le sable ainsi que des panneaux géants positionnés à la verticale représentant des visages de femmes avec une main rouge peinte sur la bouche, symbole du silence forcé des victimes dans la crainte d'être insultées par des inconnus ou même par la police.

Sur sa page Facebook, se lit le leitmotiv de l'ONG : "Nous ne pouvons tolérer les violences faites aux femmes." Celle-ci explique aussi que les 420 sous-vêtements déposés sur la plage ne sont pas le fruit du hasard. Ce nombre correspond à celui des femmes violées tous les 3 jours au Brésil.

Quant aux visages des femmes, ils ont été immortalisés par le photographe Marcio Freitas et entrent dans une collection intitulée "Je ne me tairai jamais"

Cette expo ayant créé un immense effet sur le web continue de produire un véritable écho, notamment sur Twitter où de nombreux hashtags ont vu le jour, #EstuproNuncaMais, plus jamais de viol, #EstuproNaoTemJustificativa, rien ne justifie un viol.

Devant la colère des Brésiliens, le Président par intérim, Michel Temer, a déclaré vouloir mettre en place un département de la police fédérale spécialisé dans les violences faites aux femmes. Cependant beaucoup considèrent cette volonté insuffisante pour résoudre ce très sérieux problème et préfèrent agir à l'image de cette initiative d'expo choc.