Une belle avancée pour les droits des femmes aux États-Unis.

Suite à l'affaire de Bill Cosby, acteur américain ayant tenu l'un des rôles principaux dans le célèbre Cosby Show et accusé de viols et d'agressions sexuelles, le gouverneur de Californie, Jerry Brown, vient d'entériner une nouvelle loi abrogeant la prescription pour les crimes sexuels.

Avant le 28 septembre dernier, date à laquelle la loi a été ratifiée, les victimes d'agressions sexuelles et de viols n'avaient qu'un délai de 10 ans pour se faire connaître. Au-delà, elles n'avaient plus aucun recours, à l'exception d'une présence ADN permettant de prolonger cette période de quelques temps.

Dès lors, les victimes peuvent entamer des poursuites pour viols ou agressions sexuelles à n'importe quel instant. Cette nouvelle loi, appelée "Justice pour les victimes", s'est vue recevoir des deux partis politiques opposés "un accord unanime au Sénat et à l'Assemblée", comme l'a déclaré dans un communiqué la sénatrice démocrate, Conni Leya, initiatrice du texte.

Quant à Bill Cosby, l'acteur américain âgé aujourd'hui de 79 ans, dont son procès au Pénal commencera le 17 juin prochain, est poursuivi par une cinquantaine de femmes pour viols et agressions sexuelles. Entre 1960 et 2008, il aurait drogué et violé plusieurs dizaines de femmes. Mais à cause de la prescription fixée à 10 ans, de faibles poursuites ne purent être qu'engagées, puisque seulement 13 victimes seront appelées à témoigner. Gloria Allred, l'avocate représentant plusieurs victimes, a ainsi expliqué que "la prescription a empêché beaucoup de victimes de viols de pouvoir envisager des poursuites […] beaucoup de femmes, y compris beaucoup de mes clientes, qui ont accusé Bill Cosby de les avoir agressées sexuellement."

D'après l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNODC), 84 760 viols sont commis tous les ans aux États-Unis.

En parallèle, en France, le 28 mai 2014, le Sénat a voté le prolongement de la prescription pour les mêmes crimes de 20 ans à 30 ans.