En Inde, les unions volontaires contre les unions forcées_fillette-mariée_wp

Bien que l'Inde interdise depuis plusieurs années les mariages précoces, en ayant fixé l'âge minimum pour le mariage à 18 ans pour les filles et 21 ans pour les garçons, cette pratique sévit toujours en faisant des milliers de filles toujours des victimes. Très ancrée dans la tradition, cette méthode, notamment dans les régions les plus pauvres, persiste, tel dans l’État du Rajasthan, nord-ouest de l'Inde, où les ONG ont constaté encore aujourd'hui que plus de la moitié des mineures, jusqu'à 65 % selon certaines ONG, était mariée de force.

Alors, afin de tenter à leur niveau d'enrayer le problème et de venir en aide à l'application de la loi, des vendeurs de chapiteaux de mariage se sont unis pour lutter contre les unions précoces en décidant de plus répondre aux attentes des familles qui organisent le mariage d'une mineure.

Ainsi, les commerçants fournissant les chapiteaux de mariage, membres de la Tent Dealers Welfare Samiti, association regroupant 9 000 vendeurs spécialisés dans ce commerce, ont appliqué un règlement pour repérer ces mariages. Ils exigent à chaque commande que leur soit présenté le certificat de naissance de la future mariée. Si celle-ci s'avère être mineure, ils tentent dans un premier temps de raisonner les parents, sinon dans un second temps, ils préviennent les autorités, comme l'a ainsi expliqué le président de l'organisation, à la Fondation Thomas Reuters, Ravi Jindal : "Nous voulons montrer aux gens que c'est mal et qu'ils ne devraient pas faire ça […] Nous les signalons auprès de la police et du chef du village pour qu'ils interviennent et fassent pression sur la famille pour qu'elle renonce."

En Inde, les unions volontaires contre les unions forcées_fillettes_wp

Selon lui, grâce à la mobilisation de ces marchands, 80 noces de ce type ont pu être évitées ces deux dernières années.

Même si ce chiffre paraît dérisoire face à l'ampleur du problème dans cet État, cette petite action montre au moins une volonté de la part de certains citoyens indiens d'empêcher à des jeunes filles d'être privées d'éducation, d'indépendance, d'avenir...

Peut-être qu'également ce genre d'action insufflera une volonté équivalente chez d'autres vendeurs concernés par ce domaine. Car en Inde, l'organisation de cérémonies nuptiales représente un véritable fond de commerce, où même les familles les plus appauvries vont jusqu'à se ruiner pour organiser le mariage de leur descendance.

Et quoi qu'il en soit, c'est aussi grâce aux petites victoires qu'une guerre se gagne...