Inde_un-frigo-en-libre-service-pour-lutter-contre-le-gaspillage-alimentaire

L'Inde se retrouve souvent à la Une des faits divers plus ou moins sordides, surtout au niveau des viols.

Or, cette anecdote-ci donne vraiment du baume au cœur ! Il est enfin rassurant et plaisant de constater que l'espoir n'est pas éteint dans ce pays et qu'il existe fort heureusement des gens de bonne volonté pour aider cette région du monde surpeuplée, tenter de faire vivre sa population décemment.

C'est d'ailleurs le cas de cette jeune restauratrice indienne, Pauline Minu, qui a eu une idée humaniste afin de lutter non seulement contre le gaspillage alimentaire, mais aussi pour venir en aide aux plus pauvres.

Alors que pas moins de 41 200 kg de nourriture sont jetés chaque seconde dans le monde, cette restauratrice à réfléchi à des solutions pour remédier, à son niveau et dans son pays, au gaspillage alimentaire tout en apportant son aide aux personnes dans le besoin.

À la méthode du style "doggy bag", emballage dans lequel le client d'un restaurant peut emporter les restes de son repas, méthode qui se pratique de plus en plus aujourd'hui dans les restaurants, comme j'ai pu le constater notamment lors de mon séjour en Belgique, Pauline Minu, patronne du restaurant Pappadavada, bien connu dans L’État du Kerala en Inde, a mis à disposition des passants un frigo positionné contre un arbre à l'ombre ; le "nanma maram" signifiant en français "l'arbre de bonté"

Cette idée lui est tout simplement venue lorsqu'elle a aperçu des mendiants se jeter sur les déchets de nourriture en quantité assez conséquente dans les poubelles de son restaurant. Trouvant cela humiliant et dégradant pour ces pauvres gens et se rendant aussi compte à quel point le manque de nourriture était un réel problème, elle a décidé d'agir en mettant donc en place ce nouveau concept de don, ce frigo en libre-service, ouvert 24 h/24 et 7j/7.

Pour remplir ce frigo et présenter les restes de nourriture de manière plus décente, elle a invité tous ses clients à mettre dans un emballage conçu spécifiquement pour aller dans un réfrigérateur leurs restes de leurs repas. Au début, le frigo ne contenait que les restes du restaurant en lui-même, mais la clientèle a ensuite vite joué le jeu et les habitants de la ville ont également alimenté ce frigo.

Aussi, afin de respecter des normes d'hygiène pour éviter des intoxications alimentaires, elle contrôle à ce que chaque emballage possède bien la mention obligatoire de la date à laquelle l'emballage a été déposé. En revanche, aucune information personnelle n'est requise, ni de la part des donneurs, ni de ceux qui se servent dans le frigo. Sachant que la honte bien présente chez les personnes en difficulté les poussant à se mettre en marge de la société et par conséquent demeurer dans la privation alimentaire, l'anonymat a donc été un facteur très important. Qui plus est, les passants peuvent prendre autant de nourriture qu'ils souhaitent.

Pauline Minu a d'ailleurs déclaré au cours d'une interview au Huffington Post : "L'argent est le vôtre, mais les ressources appartiennent à la société dans son ensemble. C'est ça, le message que je veux faire passer. Si vous gaspillez votre argent, ça vous regarde, mais vous ne pouvez pas gaspiller les ressources de la société."

Selon Pauline, malgré qu'elle dépose entre 75 à 80 portions par jour, elle considère que cela ne suffit pas et espère que ce concept continuera à être repris par d'autres afin d'aider davantage de personnes dans le besoin, à l'image de certaines grandes entreprises qui commencent à revoir leur système de stockage et de pertes.

Il est enfin à ajouter en rappel que le gaspillage alimentaire représente près de 1,3 milliard de tonnes d'aliments jetés par an correspondant au tiers de la production globale mondiale destinée à la consommation.