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Ce 31è évènement international majeur d'été en 2016 va certainement marquer l'histoire des Jeux Olympiques en eux-mêmes par ses innovations.

Pour la première fois dans l'histoire des Jeux Olympiques, une équipe des réfugiés a été constituée et disputera la compétition sous sa propre bannière.

Auparavant, ces sportifs concouraient soit de manière indépendante, comme aux Jeux de Barcelone en 1992 où 59 athlètes serbes et monténégrins avaient été autorisés à participer de cette façon, alors que la Yougoslavie était en guerre.

Soit à titre individuel, tel fut le cas aux Jeux d'été de Sydney en 2000 où 4 représentants du Timor Oriental, placé sous l'administration transitoire des Nations Unies, ne purent concourir qu'à ce titre, suite à l'éclatement définitif de l'URSS en 1992.

Ou encore étaient exclus de la compétition, à l'image du marathonien Guor Mading Maker (non qualifié pour Rio) aux Jeux de 2012 à Londres où il n’avait pu représenter le tout nouvel État du Soudan du Sud, indépendant depuis juillet 2011 et non reconnu à temps dans les statuts du Comité International Olympique, CIO ; aujourd'hui ce pays est devenu officiellement le 206membre du CIO.

Ainsi, grande première cette saison d'été olympique où 10 athlètes ont été sélectionnés pour représenter les 60 millions de réfugiés dans le monde et surtout afin d'abattre des préjugés tenaces.

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Dix sportifs au destin chamboulé par la guerre, la violence, la souffrance, la haine. Dix courageux compétiteurs qui portent l'espoir d'une volonté de changement.

Fièrement avec le grand sourire aux lèvres, ils ont foulé le sol du stade Maracaña au Brésil sous l'ovation de 80 000 spectateurs et des millions de téléspectateurs à travers la planète.

Cette équipe, totalisant 10 membres et 12 officiels, venue avant tout pour l'esprit du sport et devancée par une jeune porteuse du fameux drapeau aux 5 anneaux entrelacés, symbole d'unité, a donc défilé au nom de tous les oubliés des conflits qui ont ravagé leur pays, tous ces laissés pour compte qui ont dû fuir leur maison et se retrouver dans des camps où la misère demeure bien trop présente.

Soutenu par les Nations Unies qui ont financé l'entraînement de ces athlètes, ce projet, qui a suscité dès sa création des interrogations, a abouti pour le bonheur de tous. Et comme l'a déclaré Thomas Bach, le président du CIO, en dénonçant l'égocentrisme de certaines nations et gouvernements qui "se disent supérieurs aux autres", à la cérémonie d'ouverture : "Nous avons voulu lancer un signal d'espoir à tous les réfugiés dans le monde."

Quant à Pere Miro, le directeur adjoint du CIO chargé des relations avec le mouvement olympique et directeur de la solidarité olympique, il a exprimé : "En ramenant ces athlètes aux Jeux, au sport, à la vie […], nous retournons à nos racines et prouvons réellement que le sport peut servir la société […] Avec cette équipe des athlètes olympiques réfugiés, nous pouvons montrer que le sport a des valeurs qui sont ces derniers temps parfois mises en doute pour diverses raisons."

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Et selon le journal Le monde : "La décision de mettre sur pied, pour la première fois dans l’histoire de l’olympisme, une équipe de réfugiés intervient à un moment où les valeurs fondamentales du CIO sont bafouées et sa crédibilité fragilisée : des athlètes russes ont été exclus des Jeux de Rio après la révélation d’un dopage d’État, et des soupçons de corruption pèsent sur l’attribution des Jeux 2020 à Tokyo. Le timing n’a donc rien d’anodin pour l’instance, qui cherche à redorer son image au moyen de cette opération."

Cette équipe de réfugiés est ainsi composée des athlètes suivants :

  1. Rami Anis, 25 ans, nageur, originaire de Syrie et réfugié en Belgique ;
  2. Yusra Mardini, 18 ans, nageuse, originaire de Syrie et réfugiée en Allemagne ;
  3. Yolande Mabika, 28 ans, judoka, originaire de République démocratique du Congo et réfugiée au Brésil ;
  4. Popole Misenga, 24 ans, judoka, originaire de République démocratique du Congo et réfugié au Brésil ;
  5. Yonas Kinde, 36 ans, athlète, originaire d’Éthiopie et réfugié au Luxembourg ;
  6. Paulo Amotun Lokoro, 24 ans, athlète, originaire du Soudan du Sud et réfugié au Kenya ;
  7. James Nyang Chiengjiek, 28 ans, athlète, originaire du Soudan du Sud et réfugié au Kenya ;
  8. Yech Pur Biel, 21 ans, athlète, originaire du Soudan du Sud et réfugié au Kenya ;
  9. Rose Nathike Lokonyen, 23 ans, athlète, originaire du Soudan du Sud et réfugiée au Kenya ;
  10. Anjelina Nadai Lohalith, 21 ans, athlète, originaire du Soudan du Sud et réfugiée au Kenya.

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À suivre...