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Petit portrait de ces 10 athlètes qui forment l'équipe olympique des réfugiés, une première dans l'histoire des J.O.

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Yusra Mardini

18 ans, originaire de Damas, en Syrie, cette jeune sportive a disputé le 100 m papillon et nage libre ; bien qu'elle soit arrivée première de la série, elle ne s'est pas qualifiée pour les demi-finales. Fille de maître-nageur et nageuse elle-même, elle dut fuir son pays comme tant d'autres des siens à cause de Daesh. Il y a un an, elle faillit perdre la vie en pleine mer Égée lorsque son embarcation tomba en panne. Elle réussit cependant, aidée par sa sœur, à secourir les 20 passagers en tirant le bateau jusqu'à l'île de Lesbos. Elle poursuivit son périple jusqu'en Allemagne où elle y réside désormais et débuta sa formation dans un club à Berlin le 4 septembre 2015. Elle a expliqué la raison pour laquelle elle a intégré l'équipe : "Je veux représenter tous les réfugiés car je veux leur montrer à tous qu’après la douleur, après la tempête, vient le calme. Je veux les inciter à faire quelque chose de bien dans leur vie."

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Rami Anis

25 ans, né à Alep, en Syrie, il participe à l'épreuve du 100 m papillon. Il faisait partie de l'équipe nationale de natation. Avec sa famille, il dut fuir la ville ravagée par les bombes, les conflits entre djihadistes, gouvernement et forces alliées. Se réfugiant en Turquie dans un premier temps, il partit et traversa la mer jusqu'en Europe. Dans la douleur, le froid, la faim et la fatigue, il termina sa route en Belgique où il y habite aujourd'hui. Et c'est là qu'il rencontra l'ex-championne Carine Verbauwen qui décela alors son potentiel et prit en charge son entraînement. Selon elle, ce sportif de haut niveau aurait pu représenter son pays aux J.O. Celui-ci a déclaré en conférence de presse : "Je suis fier d'être ici […] Mais je ressens un peu de tristesse de ne pas concourir en tant que Syrien. Nous représentons des personnes qui ont perdu leurs droits fondamentaux et font face à des injustices."

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Popole Misenga

24 ans, originaire de la République démocratique du Congo, il dispute la compétition de judo des moins de 90 kg. C'est presque à domicile qu'il concourt d'ailleurs, puisqu'il est réfugié au Brésil. À l'âge de 9 ans, il fuit la guerre à Kisangani. Séparé de sa famille, il se cacha huit jours en forêt avant d'être sauvé et envoyé dans un centre d'hébergement pour enfants déplacés à Kinshasa, basé dans un gymnase où venaient s'entraîner des judokas. Ce fut la révélation. Il se passionna pour ce sport et grâce à un entraînement intensif, il devint professionnel. Mais, son entraîneur le maltraita, le priva de nourriture et l'enferma dans une cage à chaque défaite. Après les championnats mondiaux de 2013 à Rio qu'il perd, il demanda asile dans ce pays et trouva alors un nouvel entraîneur, Flavio Canto, médaillé olympique, dirigeant d'une ONG qui propose des cours gratuits aux enfants des quartiers défavorisés. Habitant depuis lors dans une favela avec sa femme brésilienne et leur enfant, il vit dans des conditions difficiles dans un petit logement. Grâce à cette occasion qui lui est offerte, il espère non seulement retrouver sa famille d'origine qui le verra peut-être à la télévision, mais aussi améliorer sa situation financière. Il a lui aussi déclaré à propos de sa participation dans l'équipe : "Je veux faire partie de l’équipe d’athlètes olympiques réfugiés pour continuer de rêver, donner un espoir à tous les réfugiés et dissiper leur tristesse."

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Yolande Mabika

28 ans, originaire également de la République démocratique du Congo, tel Popole Misenga qui est devenu au fur et à mesure de son parcours un ami et un soutien inconditionnel, elle se présente à l'épreuve de judo des moins de 70 kg. C'est à l'âge de 12 ans qu'elle fuit son foyer sans penser qu'elle ne reverrait jamais sa famille, elle rentrait de l'école lorsque des soldats attaquèrent son village. Transférée à Kinshasa à la même époque que son ami, elle connut un parcours similaire ; son entraîneur la privait de nourriture et confisquait son passeport à chaque destination. Suite aux championnats au Brésil, elle demanda de même l'asile, obtint le statut de réfugiée et progressa en même temps que son ami grâce à Flavio Canto. Vivant actuellement dans une zone dangereuse d'une favela, elle souhaite remporter une médaille afin d'améliorer sa condition de vie et briller à l'international, en particulier dans son pays d'origine. À l'image de son ami, elle espère que sa famille la verra peut-être à la télévision. Elle a ainsi déclaré : "J’espère que mon histoire sera un exemple pour tout le monde. Peut-être que ma famille me verra et que nous serons réunis."

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James Nyang Chiengjiek

28 ans, originaire du Soudan du Sud, il participe à l'épreuve de course du 400 m. Il était très jeune lorsque son père soldat mourut en 1999 et resta dans son village comme berger. Des années plus tard, il fut contraint de partir par peur que les rebelles l'enlèvent pour le transformer en enfant soldat et se réfugia au Kenya. Il se passionna alors pour la course qu'il pratiqua avec des garçons plus âgés au sein d'un groupe sportif scolaire. Or, n'ayant pas les facultés sportives adéquates, il se blessa souvent mais ne renonça jamais. En 2013, il fut repéré par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) qui lui permit alors d'intégrer la Fondation de Tegla Loroupe. À travers sa participation aux J.O., il espère de tout cœur que le rôle salvateur du sport et de l'entraide brilleront, comme il l'a déclaré : "Nous devons regarder en arrière et voir où sont nos frères et sœurs ; si l’un d’eux a du talent, nous pouvons l’inviter à s’entraîner avec nous et lui permettre d’améliorer sa vie."

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Rose Nathike Lokonyen

23 ans, cette souriante Soudanaise se présente pour la course du 800 m féminin. Elle a porté le drapeau de la délégation dans le stade. Ayant dû fuir le Soudan à l'âge de 10 ans, elle fut recueillie dans un camp au nord du Kenya. Comme beaucoup de ses compatriotes, c'est dans ce lieu qu'elle découvrit des années plus tard la course, un sport qui pourtant ne l'intéressait pas. Repérée par un enseignant au cours d'une compétition interscolaire, elle suivit son conseil et participa à une course de 10 km où elle se classa 2è, alors qu'elle ne s'était absolument pas préparée. Prenant conscience de sa grande aptitude, elle décida de s'entraîner sérieusement en rejoignant un centre d'entraînement près de Nairobi. Elle a ainsi déclaré : "Je représenterai mon peuple à Rio et peut-être que si j’atteins mon but, je pourrai revenir et organiser une course pour promouvoir la paix et rassembler les gens."

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Yiech Pur Biel

21 ans, originaire aussi du Soudan du Sud, il se présente pour l'épreuve de course du 800 m. Comme beaucoup enfants soudanais, il fut recueilli dans l'un des plus grands camps de réfugiés du Kenya, Kakuma, où se trouvent les "enfants perdus du Soudan", issus d'ethnies touchées par la guerre civile ayant anéanti des régions entières du pays et fait des milliers de victimes. Il fuit la violence en 2005 et marcha pendant des jours avant de rejoindre ce centre. Il y commença sa première activité sportive, le football, mais s'aperçut très vite qu'il n'était pas fait pour le jeu d'équipe et ressentait surtout davantage de liberté lorsqu'il courait. Malgré les difficultés évidentes pour un tel l'entraînement, il persista néanmoins et se présenta au concours d'intégration de la Fondation de Tegla Loroupe. Il y passa les épreuves haut la main et se rendit à Nairobi afin de continuer sa carrière. Il a déclaré à son tour : "Je peux montrer aux autres réfugiés qu’il y a de l’espoir pour eux dans la vie. L’éducation, et la course aussi, vous permet de changer le monde."

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Anjelina Nadai Lohalith

21 ans, issue du Soudan du Sud, elle participe à la course du 1 500 m. Elle vit son village complètement détruit par les soldats en 2001 et fut séparée de ses parents lorsqu'elle fuit. Recueillie dans un camp au nord du Kenya, et à l'inverse de Rose Nathike Lokonyen, elle se découvrit de suite un vrai talent et une passion pour la course. Elle remporta d'ailleurs de nombreuses compétitions interscolaires, au point d'attirer très rapidement l'attention des sélectionneurs. Saisissant que ses capacités pourraient la mener loin, elle s'entraîna dur. Grâce à quoi, elle est portée aujourd'hui par Tegla Loroupe, première athlète africaine à remporter le marathon de New York en 1994, et donc a été sélectionnée pour participer aux J.O. 2016. Elle rêve de remporter la médaille afin de "construire une maison plus confortable" pour son père, mais aussi transmettre un message d'espoir aux réfugiés, comme elle l'a exprimé : "Je suis heureuse, car c’est la première fois que des réfugiés seront représentés aux Jeux olympiques, cela inspirera d’autres réfugiés, car, peu importe où ils sont, ils verront qu’ils ne sont pas juste les "autres personnes" Ils seront les premiers à bénéficier d’un encouragement quant à leur capacité à réussir malgré tout."

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Paulo Amotun Lokoro

24 ans, Sud Soudanais, il concourt pour la course du 1 500 m. Et pourtant, il n'aurait jamais imaginé qu'un jour il courrait aux Jeux Olympiques, car son parcours est plus qu'étonnant. Alors que l'athlète Tegla Loroupe marquait l'histoire africaine avec ce fameux marathon de New York en 1994 qu'elle gagnait, ce jeune berger vivait paisiblement dans une région qui n'était pas encore touchée par le conflit jusqu'au jour où les soldats sont arrivés. Débutant alors la course sans réellement s'apercevoir qu'il était doué dans cette discipline, il fut vite repéré et démarra un entraînement intensif. Il fut ainsi intégré à l'équipe de Tegla Loroupe avec les autres. Il a déclaré : "Je n'avais même pas de chaussures pour courir […] Je sais que je cours au nom de tous les réfugiés. Je faisais partie des réfugiés là-bas au camp et je me trouve désormais dans une situation à peine imaginable."

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Yonas Kinde

36 ans, Éthiopien, doyen de cette équipe, il participe au marathon. Cet athlète hors norme, ce masseur de grands sportifs de métier, est un réfugié récent, puisqu'il a dû fuir son pays en 2012, menacé pour ses engagements politiques. Après un passage en Allemagne, il s'est installé au Luxembourg qui a accepté sa demande d'asile. Il y apprend le français, travaille comme chauffeur de taxi et malgré ses longues journées de travail, poursuit sa passion pour le marathon. Il rencontre par le pur des hasards Yves Göldi qui devient son entraîneur et le pousse à dépasser ses limites. Ce qui lui vaudra de se faire un nom au Grand-Duché et dans la région en participant à de nombreuses courses qu'il remporte souvent. Il lui est même arrivé de courir dans la même journée un 10 km le matin suivi d'un 5 000 m et d'un 1 500 m l'après-midi, avec comme résultat 2 victoires et une 2è place au classement. Trop marqué par son passé pour l'évoquer, malgré son sourire qui ne quitte jamais son visage, il est plus motivé que jamais pour disputer cette mythique épreuve des Jeux et a exprimé fièrement d'avoir été choisi dans l'intégration de cette délégation : "Je pense que ce sera un message clé sur le fait que les réfugiés, en tant que jeunes athlètes, peuvent obtenir d’excellents résultats."