Seulement quelques mois après l'interdiction de l'excision (novembre dernier) en Gambie, le président Yahya Jammeh, chef d’État controversé, au pouvoir depuis plus de 30 ans et se présentant comme le "dictateur du développement", a déclaré lors d'une audience ouverte à plusieurs dignitaires musulmans à la fin du Ramadan :

"À compter d'aujourd'hui, 6 juillet, le mariage des enfants est illégal et est interdit en Gambie [...] Quiconque épouse une fille n’ayant pas atteint l’âge de 18 ans fera 20 ans de prison. Les parents de la fille feront 21 ans de prison et toute personne ayant connaissance de ce mariage et ne l’ayant pas signalé aux autorités fera 10 ans de prison. L’imam et tous ceux qui dirigeront la cérémonie de mariage seront également envoyés en prison."

Il a également précisé que cette mesure allait concerner autant les mariages précoces que les mariages forcés, et ce peu importe l'âge de la personne obligée, en affirmant : "À 40 ans, c'est illégal"

À la suite de cette déclaration, il a sollicité ses députés d'inclure ce nouveau projet de loi le plus rapidement possible.

Il est utile de rappeler que dans le monde 15 millions de filles et fillettes sont mariées de force par leur famille chaque année.

À ce propos, l'artiste et ambassadrice de bonne volonté pour l'UNICEF, Angélique Kidjo a signé une tribune dans le journal Le Monde contre les mariages forcés : "Soumises à leur mari et à leur belle-famille, les filles mariées sont plus exposées à la violence domestique et ne sont pas en mesure de prendre des décisions au sujet d’une sexualité protégée et de la planification familiale. Elles sont ainsi exposées à des risques élevés d’infections sexuellement transmissibles, dont le VIH ou à une grossesse et à la maternité avant que leur corps et leur psychisme n’aient atteint leur pleine maturité."