Le Pakistan s'est enfin décidé à agir efficacement afin de mettre définitivement un terme à ses crimes d'honneur.

Jeudi dernier, le Parlement pakistanais a ainsi promulgué une loi punissant les auteurs de crimes d'honneur. Une première dans ce pays, comme tant d'autres, où les femmes sont encore et toujours victimes de ce genre de crimes abominables.

Cette loi garantit une peine de prison à vie pour tous ceux qui tueraient une femme sous le prétexte qu'elle a bafoué l'honneur de la famille.

Bien que ces crimes étaient déjà interdits dans le pays, une mesure juridique permettait au coupable d'échapper à la condamnation s'il obtenait le pardon de la famille de la victime, ce à quoi il parvenait d'ailleurs à chaque fois contre un dédommagement financier.

Mais grâce à cette nouvelle loi, votée à l'unanimité au Parlement, il lui sera désormais impossible d'échapper à la prison. Le parlement a décrit cette loi comme "nécessaire pour empêcher ces crimes d'être commis de manière répétée."

Il était enfin temps que le Pakistan se réveille, puisque qu'une telle loi était très attendue depuis de nombreuses années par les diverses ONG de défense des droits des femmes qui réclamaient aux autorités une mesure plus stricte contre ces crimes.

Cependant, cette nouvelle législation n'a pas été forcément adoptée en vue de satisfaire les demandeurs, car depuis ces trois dernières années, les statistiques ont démontré une forte augmentation inquiétante de ces crimes, tandis que des centaines de Pakistanaises étaient déjà tuées chaque année par leurs proches pour laver l'honneur de leur famille.

Alors qu'en février dernier, le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif s'était déjà porté garant de réviser la loi de manière plus sévère contre ces crimes et que rien ne s'est produit, il a fallu, en juillet dernier, l'affaire de cette jeune pakistanaise très connue sur les réseaux sociaux, Qandeel Baloch, assassinée par strangulation par son frère qui jugeait intolérable son exposition sur ces ceux-ci, pour raviver la colère de la population rappelant alors l'urgence de faire bouger les choses.

En parallèle, le Parlement a de même adopté une autre loi imposant des tests ADN en cas de viol et fixant la prison à perpétuité ou la peine capitale pour les coupables de viol sur mineur ou personne handicapée.

Malgré ces nouvelles lois, il nous faudra néanmoins encore patienter afin d'avoir un recul suffisant dans le temps pour affirmer l'efficacité concrète de ces mesures. Seront-elles appliquées à la lettre sans concession ? Ou seront-elles écartées à la convenance d'un juge un peu trop conciliant ?