Né le 9 février 1945 à Fukuoka au Japon, Yoshinori Ōsumi, un universitaire et spécialiste en biologie cellulaire, a reçu, après le prix de Kyoto qui lui a été décerné en 2012, le prix Nobel de médecine ce 3 octobre dernier pour ses recherches sur l'autophagie (entretien de la vie aux dépens de la substance propre chez un animal soumis à l'inanition, plus précisément, mécanisme des cellules animales qui assimilent leurs propres déchets et peut déclencher la maladie de Parkinson ou le diabète en cas de dysfonctionnement)

Ainsi, âgé de 71 ans, ce biologiste, qui a œuvré la majorité de sa carrière à l'Université de Tokyo, a consacré ses recherches dans ce domaine. Ces dernières ont permis de fournir des données capitales à la compréhension du renouvellement cellulaire, du vieillissement et de la réponse de l'organisme confronté à la faim et aux infections.

L'Assemblée Nobel de l'Institut Karolinska, décernant le prix, a expliqué : "Les difficultés à étudier le phénomène faisaient que nous en savions peu jusqu'à ce que, dans une série d'expériences brillantes au début des années 1990, Yoshinori Ohsumi utilise la levure de boulanger pour identifier les gènes essentiels à l'autophagie […] Il a ensuite poursuivi pour élucider les mécanismes sous-jacents à l'autophagie dans la levure et a démontré qu'un mécanisme sophistiqué similaire était employé dans nos cellules."

Ce terme "autophagie" a été apporté par le Belge Christian de Duve, l'un des trois lauréats du prix Nobel de médecine en 1974. Ce processus a été également étudié par l'Américain Irwin Rose, les Israéliens Aaron Ciechanor et Avram Hershko, qui ont d'ailleurs reçu tous les trois pour leurs travaux le prix Nobel de chimie en 2004.

Il a été ainsi démontré que ce système était primordial au renouvellement cellulaire. Nos cellules s'autodétruisant, s'enferment dans des vésicules (sac membraneux semblable à une petite vessie) à double membrane, puis sont confiées aux lysosomes, petits organites riches en enzymes impliqués dans la dégradation des nutriments, c'est-à-dire qu'ils digèrent et détruisent les déchets et les bactéries.

Le dysfonctionnement de ce mécanisme a pour effet de provoquer des maladies, appelées "lysosomales", d'origine génétique, ou encore la maladie de Huntington(1), d'Alzheimer, de Crohn(2), des myopathies, etc.

Selon le jury de l'Assemblée Nobel : "Les perturbations de l'autophagie ont été liées à la maladie de Parkinson, au diabète de type 2 et d'autres troubles qui apparaissent chez les personnes âgées […] Les mutations des gènes de l'autophagie peuvent provoquer des maladies génétiques. Une recherche intense est actuellement menée pour développer des traitements qui puissent viser l'autophagie dans différentes affections."

Le président de L'Assemblée Nobel, Rune Toftgård, a spécifié sur SVT, chaîne de télévision suédoise : "Si la fonction d'autophagie est défectueuse, les cellules nerveuses ne peuvent pas fonctionner correctement. Dans des études expérimentales on a aussi vu que l'embryon ne peut se développer normalement."

En 2015, ce prix Nobel de médecine avait été décerné à l'Américain, d'origine irlandaise, William Campbell, au Japonais Satoshi Omura et à la Chinoise Tu Youyou pour leurs travaux et découvertes de traitements contre les infections parasitaires et le paludisme.

Dans la tradition, chaque année, le premier des prix Nobel à être décerné est celui de la médecine, suivi par la physique, la chimie, la paix, l'économie et la littérature.

(1)La maladie de Huntington : appelée également chorée de Huntington, est une maladie héréditaire et orpheline. Elle consiste à une dégénérescence neurologique qui provoque de sérieux troubles moteurs, cognitifs (troubles de la mémoire, de la perception, baisse de la pensée et des difficultés à résoudre un problème), psychiatriques et dans les cas les plus graves, la perte de l'autonomie et la mort. En général, cette maladie se développe chez les personnes âgées en moyenne de 40 à 50 ans et de manière exceptionnelle, entre 15 et 25 ans avec l'apparition précoce de premiers symptômes.

(2)La maladie de Crohn : est l'une des maladies inflammatoires chroniques intestinales, dites MICI, pouvant atteindre l'ensemble du tube digestif (de la bouche à l'anus), ainsi que potentiellement la peau, les articulations et les yeux. D'origine inconnue jusqu'alors, car plusieurs facteurs pourraient être la cause, cette maladie se distingue le plus souvent par une inflammation au niveau de l'iléon et du côlon admettant une composante génétique et le microbiome.

N.B. : N'étant absolument pas scientifique pour un chouia, comme le savez déjà, j'espère ne pas vous avoir fourni des explications erronées. Si jamais un spécialiste en la matière passe par-là, qu'il ou elle n'hésite surtout pas à me corriger. Petit clin d’œil à toi, Lyse, puisque tu es chimiste, je suppose que tu dois connaître un peu tout ça...