Les violences conjugales sont généralement synonymes de violences physiques, comme de nombreuses campagnes de lutte contre les mettent souvent en avant.

Or, la nouvelle campagne #MaybeHeDoesntHitYou, Il ne vous bat peut-être pas, apparue sur la toile ce 2 mai dernier, révèle ces violences sous un autre aspect.

Ce hashtag ayant déjà recueilli plus d'une centaine de témoignages, notamment sur Twitter, dénonce les violences psychologiques ; violences qui laissent autant de marques douloureuses, bien qu'elles soient invisibles, que les violences physiques, au point de créer chez les victimes un réel manque de confiance en elle allant même jusqu'à les briser moralement en leur faisant perdre toute estime d'elle-même.

Ces femmes se livrent ainsi sur Twitter en exprimant tour à tour les remarques, voire les insultes, quotidiennes, qu'elles reçoivent de la part de leur partenaire, et commentaires démarrant donc par #MaybeHeDoesntHitYou...

"Il ne vous bat peut-être pas, mais il ne vous laisse jamais oublier qu’il pourrait vous quitter pour une autre plus jolie que vous, moins "salope" que vous, moins émotive, moins fragile que vous."

"Il ne vous bat peut-être pas, mais dire "je suis désolée" devient un réflexe, plutôt que quelque chose que vous dîtes parce que vous le pensez."

"Il ne vous bat peut-être pas, mais vous avez arrêté de sortir avec vos amis parce qu'il devient fou à chaque fois que vous le faites, pour une raison ou une autre."

"Il ne vous bat peut-être pas, mais vous rappelle votre insignifiance et à quel point vous seriez perdue sans lui."

"Il ne vous bat peut-être pas, mais vous dit que vous êtes incapable de faire quelque chose de bien s'il n'était pas là pour vous guider."

Suivant ce mouvement, deux autres similaires ont alors vu le jour, #WhyIStayed, Pourquoi je restais, et #WhyIleft, Pourquoi je partais, où les victimes de ces violences psychologiques ont également partagé leur parcours...

"Quand je n'étais pas d'accord avec lui, il me criait que je l'énervais et que je devais réfléchir avant de parler en étant concise. Je me taisais alors pour ne pas le faire crier encore plus."

"Je ne respectais jamais ses "ordres" et je n'étais pas à la hauteur de ses exigences."

"Je devais arrêter de jouer la pleureuse, car de toute façon je n'étais bonne à rien et qu'à part lui personne d'autre ne me supporterait."

"Il critiquait ma façon de parler, de m'habiller, surtout de penser en me disant que je devais éviter de penser car j'étais stupide."

"Tout ce que je faisais n'était jamais bien et il hurlait qu'une femme de ménage lui coûterait moins chère."

Selon l'organisation, Safe Voices, qui vient en aide aux victimes de violences conjugales, plus d'1 femme sur 4 a été victime de violences domestiques à un moment donné de sa vie. Et cette statistique serait bien loin de la réalité, puisque de nombreuses victimes n'en ont ou n'en parlent jamais par crainte des représailles, de ne pas être prises au sérieux ou par honte.

Enfin, bien que selon les experts, la violence physique soit toujours précédée de la violence psychologique, beaucoup de femmes subissent des violences psychologiques sans qu'elles soient pour autant battues physiquement.

Il reste donc encore un très long chemin à parcourir avant que l'ensemble de ces violences deviennent des cas rares, non plus des habitudes quotidiennes...