Alors que le Maroc se considère comme se voulant être un pays libre et ouvert, cette affaire récente donne une version bien différente.

Dénoncées par leur famille, Sanaa, 16 ans, et Hajar, 17 ans, ont été arrêtées puis écrouées mercredi dernier après avoir été surprises en train de s'embrasser. Elles ont été placées en garde-à-vue pendant 48 heures avant d'être emprisonnées. Elles encourent une peine de 6 mois à 3 ans de prison ainsi que d'une amende de 120 à 1200 dirhams, soit 11,04 à 110,44 €. Elles sont jugées aujourd'hui pour homosexualité.

Omar Arbib de l'Association marocaine des droits humains a ainsi rapporté à l'AFP : "Un proche d'une des deux filles les a surprises en train de s'embrasser dans une maison du quartier Hay Mohammadi. Il a alerté les parents qui ont appelé la police."

L'Association a engagé un avocat pour les défendre.

Selon l'article 489 du Code Pénal marocain, sont pénalisés "les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe."

Il est aussi avéré que depuis l'indépendance du Maroc en 1956, plus de 5 000 homosexuels, essentiellement masculins, ont subi le même sort que ces 2 jeunes femmes.

Le préambule de la nouvelle Constitution de 2011 stipule pourtant que le pays s'engage à "bannir et combattre toute discrimination à l'encontre de quiconque, en raison du sexe, de la couleur, des croyances, de la culture, de l'origine sociale ou régionale, de la langue, du handicap ou de quelque circonstance exceptionnelle que ce soit."

Il apparaît donc évident que cet article du Code Pénal se trouve en totale contradiction avec ce préambule.

Cependant, l'homosexualité demeure un sujet tabou au Maroc qui l'estime "anormale" et les communautés de lesbiennes sont même désignées comme "déviantes sexuelles"

En parallèle, un Marocain d'une trentaine d'années a déclaré à l'Observatoire international, une association indépendante en charge de nombreux cas de violation des droits humains, notamment au Maghreb : "Malheureusement, aujourd'hui au Maroc, quand on a 15 ans et qu'on commence à se sentir plutôt attiré par les hommes, on est perdu. Il n'existe aucune référence, aucun modèle. On se sent isolé. Il y en a qui croient être les seuls. Dans ces conditions, il est difficile de s'accepter comme tel. On se dit alors qu'on est peut-être bisexuel ou que c'est passager."

En rappel, en avril 2016 au Maroc, 2 hommes victimes d'agressions homophobes avaient été condamnés par le tribunal de Beni Mellal, puis libérés un mois après. Un exemple afin de mettre fin à "une tentative de mener des actes portant atteintes aux bonnes mœurs et à la morale publique."

Il enfin à savoir que l'homosexualité est passible de la peine de mort dans 10 pays :

- Afghanistan
- Arabie Saoudite
- Brunei
- Mauritanie
- Qatar
- Nigeria
- Iran
- Soudan
- Somalie
- Yémen

Certains de ces pays considèrent même l'homosexualité comme une maladie mentale.

Liberté, liberté chérie ! Pas partout.

Affaire à suivre...