Il semblerait que l'Amérique latine soit sous les feux des projecteurs récemment, mais pas pour de bonnes raisons.

Au début du mois, c'était le Brésil qui défrayait la chronique avec des milliers de femmes qui manifestaient dans les villes principales du pays afin de dénoncer la "culture du viol",   suite au viol collectif d'une adolescente de 16 ans par une trentaine d'hommes le 21 mai dernier, selon des sources.

Aujourd'hui, c'est le Mexique qui fait parler de lui. Ce 31 mai, un groupe d'une quinzaine d'enseignants et directeurs d'école ont été humiliés sur la place publique pour "trahison"

L'inqualifiable évènement s'est ainsi déroulé au Chiapas, État au sud du Mexique, mardi dernier. Cette équipe pédagogique, hommes et femmes confondus, ont subi des brimades de la part de leurs collègues qui les ont accusés d'avoir livrer les noms de leurs confrères grévistes aux autorités.

La raison de la grève portait contre la réforme de l’Éducation nationale de 2013, comme le rappelle l'Obs qui a fait référence à l'événement. Cette réforme décidée par le président Enrique Peña Nieto comprend notamment un contrôle régulier des enseignants qui au terme de 3 évaluations négatives sont interdits d'exercer. La loi avait d'ailleurs créé une véritable vague d'indignation dans le pays qui avait amené à une grève dirigée par la Coordination Nationale des Travailleurs de l'Enseignement, CNTE.

Ces personnes ont donc été contraintes de défiler pieds nus dans les rues de la ville de Comitàn avec des pancartes sur lesquelles était écrit le mot "traîtres", et selon la BBC qui a également relayé l'information, certains parmi eux ont même été tondus en public.

Le lendemain de cet abominable avilissement, le secrétaire de l’Éducation Aurelio Nuño Mayer a de suite réagi : "Je veux dire toute ma gratitude à ces enseignantes et ces enseignants et leur dire qu’ils ne sont pas seuls" tout précisant que le Secrétariat de l’Éducation travaillait conjointement avec le Procureur général de l’État de Chiapas pour arrêter les responsables et les sanctionner. Il s'est aussi adressé à la CNTE en déclarant : "De telles pratiques illégales […] humiliantes et inacceptables ne peuvent pas faire partie de la vie d'un enseignant ou d'une enseignante"

Au regard de ces évènements, nous nous apercevons malheureusement que cette vague de violence qui grossit de plus en plus n'est pas uniquement liée au terrorisme mais qu'elle touche tout le monde, n'importe où, dans n'importe quel domaine, n'importe quel corps professionnels. Et si cette violence continue d'accroître, bientôt un boulanger risquerait de se faire raser le crâne, non plus pour ses origines, mais pour avoir proposer un pain qui ne conviendrait pas à sa clientèle...