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Le statut d'expatrié ne devait pas faire l'objet de l'article d'aujourd'hui, mais suite au très bel article que j'ai lu ce matin et qui m'a profondément ému sur le blog de Sweet flamant rose, ainsi que d'autres articles traitant du même sujet sur d'autres blogs que j'ai consulté depuis un moment, j'ai pensé qu'il serait peut-être bien à mon tour d'apporter mon petit témoignage.

Lorsque l'on découvre l'expatriation (en tant que femme, je ne peux parler de la façon dont les hommes l'appréhendent, je n'en sais absolument rien), on évoque bien souvent cette nouvelle vie d'aventure vers de nouveaux horizons, proches ou lointains, en omettant le côté psychologique.

Certaines d'entre nous en ayant fait le concept même de leur blog exposent les différences culturelles, les petits détails du quotidien bien divergents de ceux de leur pays d'origine, etc. Elles tracent un portrait de cette vie à la manière d'un tableau que l'on dessinerait sur une feuille de papier comportant deux colonnes, celle du plus et celle du moins. Et quelque part, on l'établit toutes ce tableau.

D'autres expatriées optant pour une autre ligne directrice de leur blog la vivent dans leur jardin secret, en y faisant référence de temps à autre.

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Or, Sweet flamant rose (à ma connaissance) est la première blogueuse à aborder dans son article ce côté psychologique. Ce tiraillement, ce conflit intérieur, entre le manque de son pays, la sensation de déracinement (se confirmant avec le temps), et la pseudo intégration dans ce nouveau pays temporaire qui ne devient pas non plus notre nouvelle patrie.

Au début de l'expatriation, on ne se sent pas réellement différente. La première année, on revient dans son pays en y observant quelques légers changements. On en discute avec nos familles. On remarque d'ailleurs ces divergences lorsque nous reprenons un semblant de quotidien (éphémère lui aussi), en faisant ses courses dans les magasins, en parlant aux gens, aux commerçants, etc. Et sans s'en apercevoir, on établit de nouveau ce tableau avec ses deux colonnes que l'on remplit dans sa tête pour son propre pays. On compare ainsi les deux pays. En fait, durant cette première phase d'expatriation, dans ce nouveau pays, on a plutôt l'impression d'être en vacances.

Les années passent, puis au fur et à mesure lorsque l'on revient dans son pays, on se sent de plus en plus différente, de moins en moins en phase. On constate davantage l'évolution de sa propre ville qui s'est faite sans nous. On ne reconnaît plus certains de ses quartiers. On y entend son accent qui jusqu'alors nous était complètement étranger... Et doucement, ce sentiment de déracinement, d'être chez soi sans vraiment y être, s'installe.

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On perd lentement cette notion de nationalité d'origine. On n'acquiert pas pour autant la sensation d'appartenance à ce pays d'accueil provisoire. On devient imperceptiblement de plus en plus apatride. On prend malgré soi la nationalité : Expatriée.

Tel un statut, une évidence, on est finalement identique à une réfugiée qui deviendrait une citoyenne du monde...