En octobre dernier en Argentine, le mouvement #NiUnaMenos, pas une de moins, a sollicité les Argentins à manifester à Buenos Aires suite au meurtre au début de ce même mois de Lucia Perez, une adolescente âgée de 16 ans. Cette manifestation a non seulement dépassé les frontières, d'autres pays latins et européens ont suivi, mais le mouvement aussi qui a été relayé en force sur l'ensemble des réseaux sociaux.

Le 7 octobre, Lucia Perez, en compagnie d'une amie, avait acheté un joint de marijuana devant son lycée auprès de 2 hommes, âgés de 23 et 41 ans. Le 8 octobre, les 2 individus l'ont retrouvée et l'ont forcée à consommer de la cocaïne. Ils l'ont alors violée et empalée. Selon le Procureur de la République argentine, Maria Isabel Sanchez chargée de l'affaire, la douleur était si insoutenable que la jeune femme est décédée d'un arrêt cardiaque.

Le 19 octobre, entre 13 h et 14 h, les Argentins ont arrêté le travail et sont après descendus dans les rues à 17 h pour manifester. Des milliers de poitrines dénudées ont ainsi investi la célèbre Place de Mai avec pancartes et affiches. Sur certaines d'entre elles apparaissait le visage de l'adolescente et sur d'autres des inscriptions, notamment celle d'une pancarte portée par un homme au torse nu qui a fait le tour des réseaux sociaux : "Je suis à moitié nu, entouré par le sexe opposé… et je me sens protégé, pas intimidé, je veux la même chose pour elles." 

Surnommé le Miercoles Negro, le mercredi noir, ce mouvement a été relayé dans plusieurs villes d'Amérique latine ainsi que d'Europe, comme Barcelone, Madrid, La Paz ou encore Santiago.

Le collectif argentin, initiateur de ce mouvement, en est à sa 5è action de lutte contre les violences subies par les femmes du pays. En juin 2015, notamment, 200 000 personnes étaient descendues dans les rues afin de manifester contre ces violences. Au travers de ce mouvement, il souhaite "montrer l'importance des femmes dans l'économie productive du pays […] les inégalités et la violence du genre."

En 2016, Lucia Perez est la 226è femme tuée et la 19è en octobre en Argentine, selon l'ONG Mujeres de le Matria Latinoamericana. Et selon l'ONG Casa Del Encuento, venant au secours des femmes, "c'est l'une des formes les plus extrêmes de violences faites aux femmes, c'est l'assassinat d'une femme par un homme qui la considère comme sa propriété."

En Argentine, une femme est tuée toutes les 36 heures.