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Selon une récente étude des violences faites aux femmes en Nouvelle-Zélande (incluant les violences conjugales et les mariages forcés), l'effroyable chiffre de 440 000 femmes concernées chaque année aurait été avancé, sachant que 80 % des cas ne seraient pas rapportés à la police. 1 femme sur 3 serait victime d'abus physiques ou sexuels au cours de sa vie. L'année passée, 100 000 cas de violences familiales ont été répertoriés, dont dans 2/3 des cas un enfant était présent. En outre, ce pays ne comptabilisant qu'un peu plus de 2 millions de femmes sur une population totale d'à peine 5 millions, il est celui qui compte le pire taux de violences conjugales de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE)

Face à ce terrible constat, le gouvernement néo-zélandais a enfin décidé d'agir de manière draconienne en dépoussiérant à grands coups la législation.

Ainsi, le Premier ministre John Key a annoncé mi-septembre l'amendement au Domestic Violence Act (datant de 1995) en 50 points à l'encontre des violences domestiques. Celui-ci concerne notamment les mariages forcés n'étant jusqu'alors considérés comme des délits mineurs deviendront désormais des crimes accompagnés de peines plus lourdes en cas de condamnation.

Selon le journal New Zealand Herald, l'âge minimum autorisé pour le mariage étant de 16 ans, 800 filles de - 18 ans, entre 2000 et 2010, se seraient mariées, dont la plupart sous la contrainte.

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Quant à Farida Sultana, directrice de Shakti New Zealand, association venant en aide aux femmes réfugiées d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient, elle s'est félicité de l'annonce du Premier ministre auprès du journal The Guardian. Depuis des années, cette association fait pression sur le gouvernement afin que cette pratique soit pénalisée. Elle a expliqué que les femmes issues de ces communautés étaient les plus touchées par ces mariages forcés qui étaient célébrés dans le plus grand des secrets. Elle a ainsi déclaré : "Ces 5 dernières années, je dirais que nous avons sauvé 300 filles de mariages forcés et je ne parle que de ceux qui nous sont signalés et pour lesquels nous pouvons intervenir."

La révision de la législation prévoit également des mesures plus radicales pour certaines infractions estimées comme de simples agressions, notamment l'étranglement non létal et les abus envers un membre familial qui deviendront des circonstances aggravantes et seront plus sévèrement punis.

Enfin, lors de son discours de présentation du projet, le Premier ministre a déclaré : "Les Néo-Zélandais s’opposent généralement aux intervention du gouvernement dans leur vie privée, et je comprends ça […] Permettez-moi d’être très clair sur le fait que dans les foyers où quelqu’un est agressé, menacé, intimidé ou rabaissé, l’auteur de ces actes n’a aucun droit de s’attendre au respect de sa vie privée afin de pouvoir continuer à se comporter en brute." Il a de même commenté sur Twitter : "Vous méritez et avez droit à une vie libre de peur, et vos enfants méritent et y ont droit aussi. L'aide est disponible."

Il ne reste plus qu'à espérer que cette série de mesures arrive à atteindre son objectif et que ce chiffre catastrophique, chiffre seulement recensé et bien loin donc d'être effectif de la représentation des violences faites aux femmes, puisse diminuer de façon considérable, voire même en poussant jusqu'à l'utopie, disparaître complètement.

Affaire à suivre...