Pakistan_le viol en punition du viol_wp

Aux alentours du 20 juillet dernier, une pakistanaise de 16 ans a été condamnée de viol en réparation du crime commis par son frère.

Ce sombre fait réel s'est déroulé dans un village proche de la ville de Multan au Pakistan, comme l'a rapporté le chef de la police de Multan : "Une jirga a ordonné le viol d'une jeune fille de 16 ans comme punition pour un viol commis par son frère sur une enfant de 12 ans."

Dans les régions reculées du Pakistan, l'accès à la justice s'avère encore compliqué. Les gens se tournent alors vers les jirgas. La jirga est le conseil du village, une assemblée tribale uniquement constituée d'hommes qui vise à prendre des décisions par consensus.

Découvrant que sa sœur âgée de 12 ans avait été violée par son cousin, un homme en avertit le conseil. L'assemblée d'hommes prend ainsi la décision de condamner la sœur du présumé coupable à être violée à son tour par cet homme, le frère de la fille de 12 ans, afin que justice soit rendue.

Bien que "répondre d'un crime par un crime" soit la coutume chez les jirgas, après le second viol, les familles se confrontent et décident de "porter plainte l'une contre l'autre", selon Rashid Taheem, le policier en charge de l'enquête.

Suite au résultat des examens médicaux réalisés par des experts attestant des deux viols, 14 personnes du conseil du village sont arrêtées. Quant au violeur de l'enfant de 12 ans, il est toujours en fuite, a affirmé le policier.

Très enracinées dans la culture, les jirgas sont pourtant illégales au Pakistan. Cependant, les gens préfèrent encore se tourner vers ces conseils de village, auxquels ils se sentent plus proches, plutôt que vers la justice rendue par l’État. Malheureusement, ces décisions sont toujours au détriment des femmes, dont les mères, sœurs ou filles payent pour les crimes perpétrés par les hommes de leur famille.