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Un nouveau grand coup porté aux droits des femmes ! Et pas des moindres !

Malgré que nous vivions dans un monde en cesse évolution, il apparaîtrait en tout cas que nos droits des femmes auraient une forte tendance, eux, à régresser, alors que le parcours pour l'acquisition de ces droits reste encore bien long et bien loin de se raccourcir.

Et ce n'est pas prêt de changer, surtout avec cette nouvelle actualité en date du 12 janvier.

Rapporté par The Moscow Times, 368 parlementaires russes ont ainsi voté ce 12 janvier en faveur d'un projet de loi en première lecture afin de dépénaliser les violences domestiques dans le pays. La motivation d'un tel projet aurait été basée sur la "tradition familiale."

"Cette loi supprimerait les accusations de "violences au sein de la famille" du code criminel russe et le réduirait au titre d'infraction administrative. Les charges criminelles n'existeraient que si les coups se produisent plus d'une fois par an."

En juillet 2016, Vladimir Poutine avait déjà créé une polémique s'étant étendue sur le plan international. Révélé par The Independent, il avait exercé un contrôle sur un amendement réduisant les violences domestiques à un simple délit.

Aujourd'hui, les députés russes en rajoutent une couche avec l'adoption de cette première proposition de loi. Celle-ci institue la dépénalisation intégrale des violences domestiques. Seul un membre du Parlement (la Douma) aurait voté contre ce projet. Le dernier, lui, était aux abonnés absents.

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Le plus aberrant !  C'est une femme qui est à l'origine de cet inadmissible texte, la députée Yelena Borisovna Mizulina, présidente ultra-conservatrice du comité de la famille et des affaires féminines, a indiqué The Guardian en août dernier. Et cette dernière n'est pas à son premier coup d'essai, puisqu'elle a été déjà l'initiatrice d'une loi visant l'exclusion de "la soi-disant propagande gay."

Pour défendre son texte, elle a alors avancé ces arguments : "Vous ne voulez pas que les gens soient emprisonnés pendant deux ans et catalogués comme des criminels durant le reste de leur vie à cause d’une gifle." Faisant aussi appel à la "tradition familiale", elle a ainsi affirmé l'intérêt de décriminaliser ces violences domestiques "sur la base que les parents, en Russie, devraient avoir le droit de frapper leurs enfants." Et a précisé devant la Douma : "Dans la culture familiale traditionnelle russe, les relations entre parents et enfants sont construites sur l'autorité du pouvoir des parents. Les lois devraient soutenir cette tradition familiale."

Bravo, Madame la députée !

À cette même époque de 2016, The Guardian a rappelé que selon les statistiques fournies par le Gouvernement russe, 40% des crimes violents seraient commis au sein même d'une famille.

"36 000 femmes sont agressées chaque année par leur partenaire chaque jour, et 26 000 enfants sont battus par leurs parents chaque année."

Enfin, pour les défenseurs des droits des femmes, cette nouvelle loi "rendra les victimes de violences domestiques encore plus vulnérables." Car si un tel projet de loi se trouve adopté, non seulement les victimes n'auront plus de moyens réels pour se défendre et risqueraient de se murer encore plus dans le silence, mais surtout, il donnerait la liberté aux agresseurs de perpétuer leurs crimes en toute impunité.

Affaire à suivre...