Suivre une cure "détox" après les fêtes de fin d'année afin de nettoyer son organisme des excès alimentaires qu'il a enduré durant cette période est souvent monnaie courante de nos jours. Bien que ce type de régime, dont l'efficacité n'a jamais été réellement prouvée scientifiquement, possède de nombreuses vertus, il peut s'avérer être aussi un véritable poison pour le corps, lorsqu'il est poussé à l'extrême.

Et c'est le cas d'une Britannique qui l'a amèrement constaté récemment.

Une Britannique de 47 ans en bonne santé a été hospitalisée, il y a quelques jours à  peine, à l'hôpital universitaire de Milton Keynes, au nord de Londres, à cause de sa cure "détox" qu'elle a faite au point de s'intoxiquer.

Ce cas clinique, néanmoins rare, a été évoqué dans la revue spécialisée du British Medical Journal.

En rappel. Le principe de la cure "détox" consiste tout simplement à consommer plus de tisanes, de jus, d'infusions ou autres bouillons qu'à l'habitude, en l'accompagnant parfois de compléments alimentaires, afin de favoriser l'élimination des toxines de l'organisme. Cette élimination se produit en sollicitant davantage les organes concernés à réagir, le foie et les reins principalement. Grâce à cette alimentation pauvre en graisses et en sucres, le corps réagit mieux et élimine donc davantage. Cependant, un tel type de régime poussé à outrance peut donner des résultats extrêmement nocifs pour l'organisme.

Ainsi, quelques jours après avoir commencé sa cure "détox", cette Britannique a vécu une heure de confusion mentale, accompagnée de crises répétitives de grincements de dents. Hospitalisée, elle eut alors des évanouissements ainsi que des crises convulsives. Suite aux recherches des médecins auprès de la famille de la patiente qui déclara que cette dernière buvait effectivement plus d'eau et d'infusions ces derniers temps, sans pour autant que cette consommation leur parut particulièrement excessive, les médecins ont également remarqué que la patiente était une grande consommatrice de produits de phytothérapie, tels que le chardon-marie, la sauge, la racine de valériane, etc.

Les médecins ont pu alors établir le diagnostic suivant. Les évanouissements et les crises convulsives résultaient d'une hyponatrémie (carence importante en sodium dans le sang), généralement observée chez les personnes souffrant de potomanie (maladie due à une consommation excessive en eau). Or, des niveaux aussi bas en sodium sont constatés chez les individus buvant jusqu'à 10 litres d'eau par jour. En effet, la surconsommation d'eau provoque une hydratation trop importante des cellules causant alors une forte diminution de sodium (sel) dans le sang.

En outre, les médecins ont poussé leurs recherches plus en avant et ont découvert dans la littérature médicale un cas similaire. Et la racine de valériane fut la première en cause. Ils ont effectivement remarqué qu'une consommation abondante de cette plante conduisait à un niveau dangereusement bas en sodium sans boire de manière excessive.

Selon les auteurs, "c'est désormais la deuxième fois que la racine de valériane est suspectée d'être en cause dans une hyponatrémie sévère menaçant la vie du patient. Les professionnels de santé devraient être vigilants à cela." Ceux-là même admettent toutefois qu'aucune preuve ni explication chimique à ce phénomène n'ont pu être certifiées.

Malgré la rareté demeurant de ces cas, ils rappellent que "les produits naturels ne sont pas dénués d'effet secondaire contrairement à ce que laisse entendre les industriels."

Enfin, selon une précédente étude, Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, a déclaré au magazine Sciences et Avenir que "les cures détox reposent bien souvent sur un imbroglio de croyances ésotériques qui mélangent spiritualisme et nutrition. Soutenir l’idée que l’alimentation nous intoxique par l’accumulation de toxines qui "encrassent" nos cellules peut encourager l’orthorexie, un trouble alimentaire grave qui correspond à l’obsession du manger sain."